10.11.2009

Fin du voyage Beijing - Shanghai

29 Sep - 4 Oct

L’arrivée à Shanghai signifie la fin du voyage. Je suis chanceux d’être reçu par une CS. Avoir un CS facilite grandement l'arrivée dans une ville de plus de 17 millions d'habitants, car trouver un hotel peut être un exercise frustrant et cher. Arriver à Shanghai signifie 25 à 30 km de vélo dans un centre ville, entouré de gratte-ciel. C'est très impressionnant. La ville vous impressionne de par sa grandeur, sa modernité et la concentration de population. En fait, après plusieurs jours de vélo dans la ville je crois que Shanghai a dépassé New-York sur tous les points de vue. Ma première journée (29) est passée à faire un lavage, mettre de l'ordre dans mon équipement et à me préparer à retourner à la maison. Ma CS m'invite à passer la soirée avec elle en boîte ou elle doit rencontrer une consoeur de travail dont c'est l'anniversaire. Plutot sympatique comme soirée où j'ai le plaisir de rencontrer des expat des États-Unis, de l'Australie, du Mexique et de nombreux français. On revient à la maison au petite heure de la nuit. Le lendemain (30), petit déjeuner de dumplings dans un restaurant chinois près de l'appartement. Aujpourd'hui, je veux m'assurer d'avoir des souvenirs à ramener à la maison. Je part en ville a vélo aller acheter des cadeaux. Ma CS est parti travailler et à son retour le soir, elle m'invite à sortir en ville avec ses copains français. La soirée débute chex des amis qui ont reçu des fromages, du foie gras et une super bouteille de vin qu'ils ont décider de partager avec les copains. Il n'ont pas d'ouvre boîte et c'est ma lame de mon opinel qui fera le travail. Nous sommes six autours de la table et c'est avec un plaisir évident que nous engloutissons toutes les provisions avant de partir en boîte. La soirée se termine encore au petite heure du matin dans une disco super branchée de Shanghai. Le 1 octobre, ma CS me propose de passer la journée a visiter Shanghai. Une super de belle journée ensoleillée. Le 2, je l'ai passé à vérifier ma réservation d'hotel pour le 3 et 4 oct et me trouver un magasin de vélo afin de réserver une boite pour envoyer mon vélo. Le 3 oct, j'ai pris congé de ma CS vers les 10h. et je me suis installé à l'hôtel. Un peu triste. J'ai passé les deux deniers jours à peaufiner mes cadeaux, mes bagages et à me promener dans Shanghai prendre des photos et filmer. C'est avec un petit pincement de coeur que j'ai pris mon taxi le 5 au matin pour l'aéroport. Une heure avant le départ, je m'aperçois que mon vol a été annulé par Air Canada. Il n'y a aucun agent de disponible pour me renseigner. Je m'installe donc devant les quichets d'Air Canada avec l'espoir que les proposés qui devraient se présenter bientôt pour l'enregistrement des bagages pour un autre vol seront en mesure de me renseigner. J'avais raison et on me propose un autre vol via Toronto plutôt que Vancouver et arrivant à Ottawa une heure plus tôt que j'avais prévu. Je leur demande d'avoir accès à Internet à partir du salon d'Air Canada pour informer ceux qui m'attendent tant à Vancouver qu'à Ottawa. Avec un grand sourire niais on m'invite à me connecter sur le réseau Wi-fi de l'aéroport a un coût de 6$ car je ne peux avoir accès au salon puisque je n'ai qu'un billet d'avion économie. J'ai perdu quelques touches sur mon ordinateur et je n'ai plus la rangée des chiffres. Cela fait que chaque fois que je veux me connecter au réseau WI-Fi de l'aéroport, je n'arrive pas à fournir le petit mot de passe que nous devons copier pour prouver que nous ne sommes pas un robot qui se servirait de la connection pour envoyer des courriels à toutes sortes d'usager. De plus, à l'enregistrement, les préposés me charge 50$ d'extra pour prendre mon vélo. Pourtant le site internet nous accorde deux bagages de soute gratuit en autant que ceux-ci ne dépasse pas un certain poid et une certaine longueur. Mes deux bagages correspondent parfaitement à la norme. A mon aller British Airway avait exactement les mêmes restrictions et je n'ai eu aucun problème. J'ai tout essayé pour éviter cette charge supplémentaire sans succès. Il m'a fallu payer un point c'est tout. Plusieurs mauvaises expériences dans le passé et l'annulation de mon vol en plus de me charger 50$ extra pour mon bagage est de trop. C'est la dernière fois que j'utilise Air Canada. J'ai finalement réussi à envoyer mes courriels à temps pour avertir mes amis. Je suis arrivé le 5 au soir a Ottawa. Ma fille et deux couples d'amis m'attendaient. C'était vraiment bien. Mon voyage était fini.
(Des amis et le co-loc de ma CS à Shanghai)

28 Sep
Je suis parti ce matin de l’hôtel vers les 9h. Petite journée de vélo, Il fait beau mais le temps est couvert on se demande si c’est de la pollution ou si c’est de l’humidité et de la poussière que soulève les travaux partout sur la route. Je prends ma journée un peu a la légère car je n’ai que 90 km a faire. L’entrée a Shanghai est beaucoup plus facile que je ne l’appréhendais car il y a une super bonne signalisation et mon contact CS m’a donné de bonne indication. Je me retrouve donc a l’intersection beaucoup plus tôt que prévu. Je trouve un Starbuck et je m’installe pour perdre quelques heures car mon contact CS fini de travailler a 20 h. On se rejoint sur un coin de rue a quelques pas de son appartement. Le vélo est monté dans l’appartement et comme il se fait tard on se tape un petit souper dans une grande surface a quelques coins de rue de l’appartement.

27 Sep
Petite journée de vélo. Basil, mon contact CS travaille a 8 h. Alors on est debout de bonne heure, petit déjeuner rapide et départ précipité. Petite journée de vélo vers Suzhou ou on me dit que je peux planifier deux jours car la ville est de toute beauté et reconnu comme la Venise de la Chine. J’avoue que j’ai été très désappointé. La ville est belle, propre et il y a beaucoup de verdure et des parcs mais elle manque de vie, les gens semblent pressés, on se croirait a Ottawa. Je suis refusé dans cinq hôtels même si je les choisi seulement si elle s’annonce en anglais et quelle semble avoir une certaine classe. J’abouti dans un hôtel un peu en dehors de la ville a un prix ridiculement élevé quoique je réussi a faire descendre le prix de 700 RMB a 400 RMB. Finalement, j’irai dans un super marché m’acheter un petit repas fais dans le département de la charcuterie, et je soupe d’un melon , une barre de chocolat et deux Coca. La connexion internet est pourrie, je n’ai pas accès ni au blog, ni a vtunnel, ni a CS. De plus je viens de perdre la plupart des clés me donnant les chiffres et le back pace sur mon clavier. Il est vraiment temps que je rentre au pays.

26 Sep
L’hotel ou je suis descendu n’offre pas le petit déjeuner, En fait j’aime presque plus ca car cela me permet d’aller manger dans un petiit buibui chinois qui est presque a tout coup super sympa. Premièere mission, trouver un vendeur de vélo qui pourra reparer mon vélo. Juste a la sortie de l’hotel je m’aligne dans la ruée de vélos qui longent la route et au premier vélo de qulaité, je demande de m’indiquer où il fait l'entretien son vélo. Coup de bol, je comprend qu’il y a un détaillant Giant au bout de la rue direction opposée. Je m’y rends mais avant j’arrête dans un petit buibui prendre le petit déjeuner de nouille. Moi qui croyait avir régler mon problème, voila que le détaillant Giant n’a pas les roue de ma grandeur et ne peut me donner ni pneu, ni tube. Je suis de retour à la case zéro. Il m‘indique qu‘il y a un gros déraillant Giant à l‘autre bout de la ville. Cela me prendra presque une heure pour m’y rendre et je ferai deux crevaisons. J’arrive finalement au détaillant Giant à pied avec le pneu arrière crevé. Tout le monde regarde mon vélo et c’est un véritable challenge de leur faire comprendre que je fais des crevaisons à répétition depuis la veille et qu‘il ne faut pas seulement réparer la crevaison ce que je peux faire seul mais trouver la raison qui crève mon pneu a tous les kilomètres. Finalement, il répare la crevaison, nettoie l’intérieur du pneu et lime l’intérieur de la jante pour assurer qu’il n’y rien qui cruche le tube pendant que je roule. De plus il insiste pour je ne gonfle pas mes pneus a plus de 70 psi. J’achète aussi une nouvelle pompe car la réparation qui a été faite sur l’ancienne ne tient plus. Je repare du vendeur avec la conviction que mon pneu va crever de nouveau dans quelques kilomètres. Et bien non tout a tenu tres bien et je me rends a Shangai sans problème mais avec beaucoup d’appréhension et j’arrêterai a maintes reprises vérifier mes pneus.

25 Sep
Après le petit déjeuner chez Gérard, mon nouvel ami espagnol, Andy mon contact CS vient me reconduire jusqu’a la route national qui me mènera jusqu’a Shanghai. Je n’ai pas l’intention d’aller trop loin aujourd’hui mais le sort va m’obliger a reviser mes plans car vers midi, voila que je commence a faire des crevaisons a répétitions. J’ai beau vérifier la jante, nettoyer l’intérieur du pneu, rien ni fait et mon tube crève a plus de fois en quelques kilomètres. Moi qui pensait arriver de bonne heure, m’installer et travailler sur internet j’arriverai a Zhenjiang vers 20 hr en pleine noirceur. Les derniers dix Km ont été fait de peur en espérant ne pas crever car il aurait été fort compliqué de réparer le pneu en pleine noirceur. J’arrive finalement en ville et je trouve un hôtel qui accepte les étrangers. Je loue, je me change, je sort manger et je me couche. Saura été une journée plate et désappointante.



(Mon nouvel ami espagnol Gérard qui nous prépare un petit déjeuner en commençant par un excellent café ce qui est rare en Chine. Après le petit déjeuner je reprendrai la route pour Shanghai)















(Une automobiste qui s'est arrêtée pour m'offrir de l'eau et pour prendre une photo avec moi) (Un automobiliste qui m'a arrêté sur le chemin pour m'offrir de l'eau et prendre une photo avec moi)

24 Sep
J’ai finalement décider de rester a Nanjin tellement mon CS est gentil et amicale. De plus, j’ai du temps libre a prendre plutôt que d’arriver trop tôt a Shanghai, et il a organise un petit déjeuner avec son ami Gérard qui est le fondateur d’un club de vélo a Nanjin, une visite dans le magasin Giant qui m’offre une mise au point gratis et une balade avec Gérard son ami espagnol dans un parc de la ville et un souper avec des amis dans un restaurant en fin de soirée. Comment refuser a une telle invitation. Une super journée avec des gens super sympa. Finalement, nous nous coucherons aux petites heures du matin a discuter de tout et de rien en particulier. Andy est vraiment un couche tard..







23 Sep
Parti de Chuzhou ce matin, petite journée de vélo, environ 60 km. J’arrive a Nanjin vers les 16 hr. Sans trop de difficulté je trouve l’intersection ou mon contact CS viens me chercher. On se retrouve immédiatement a son appartement, il faut monter tous les bagages et le vélo au 7e étage. On prends une bière, et on se prépare pour aller manger. Andy, mon contact CS appelle des copains pour qu’ils se joignent a nous pour le souper. Finalement on mangera avec un expat français super sympa et sa copine chinoise qui étudie a Nanjin et qui est originaire de la Mongolie. Souper sympathique, discussion intéressante et finalement retour au bercail pour le dodo.





22 Sep
Parti de Sixian ce matin, Grosse journée de vélo environ 150 km jusqu’a Chuzhou



21 Sep
Parti de Xuzhou ce matin, je me tape 110 km de vélo jusqu’a Sixian.




20 Sep
Je décide de rester a Chuzhou car Kyle notre CS nous a invité moi et Maria a prendre la parole devant sa classe d’anglais. Expérience intéressante et bonne pratique pour mon retour au Canada. Il est évident que les gens sont super intéressé a mon périple.

19 Sep
Parti ce matin de Zaozhuang , j’arrive a Chuzhou en fin d’après midi. Mon CS vient me chercher a l’intersection de rues prédéterminées. Il héberge déjà une CS dans son appartement et nous allons devoir partager le living qui est plutôt petit. Qu’a cela ne tienne l’atmosphère est vraiment décontracté et sympa. Nous allons mangé




18 Sep
Je suis parti de Gufu ce matin et je le regrette un peu car j’ai trouvé la ville super agréable. Mon petit hôtel est bien quoique un peu en retrait. Je me tape une bonne journée de vélo et arrive a

17 Sep
video

12 Sep
Départ de Beijing vers Tianjin, la troisième ville en importance de la Chine. Je me tape un petit 130 km sans problème car je suis vraiment reposé ayant passé jours a Beijing. Je rencontre mon contact CS a Tianjin Bentoutcourt. Il demeure au 5e étage a monter par les escaliers, vélo et bagages. Bon petit repas dans le restaurant du coin avec Jackie le roommate et les deux finlandais CS qui sont aussi dans l’appartement. J’ai acheté quelques bières mais personne ne prends de bières. Elles resteront chez Ben.

5 - 11 Sep
Je suis arrivé a Beijing en fin d’après-midi.

9.16.2009

Xuanhua à Beijing

Article passé dans le Daily China le 16 sept 2009

http://www.chinadaily.com.cn/metro/2009-09/16/content_8696849.htm



5 sep (Changhai - Beijing)

Voila une autre bonne journée de vélo. La route est splendide car je descends franc sud-est dans une vallée que surplombe des pics de roche sur le flanc gauche de la route. Il y a des bouchons partout sur la route. Certains s’étirent sur plusieurs kilomètres. Quoique la route de la soie n’existe plus, force est d’admettre que le commerce persiste et que les convois de chameaux ont été remplacés par des convois de camions. C’est graduellement que je rentre dans Beijing. Une ville de près de 18 millions d’habitants c’est plus de la moitié de la population totale du Canada. C’est gros et c’est vraiment très joli. Comme mon contact CS est en dehors de la ville aujourd’hui et ne sera pas de retour avant demain fin d’après-midi, je dois me résigner a trouver un hotel pour cette nuit. Encore le même problème avec les hôtels mais je finie par en trouver un dans le centre ville pour 280Y (45$) mais j’ai été refusé a cinq reprises dans des hôtels très bien ou j’aurais pu loger pour moins de 100Y (15$). Ce n'est pas tant une question d'argent qu'une question de principe et de commodité. Car en plus de payer plus cher, d'avoir le feeling que l'État est en train de décider ou je dois coucher, il faut en plus, trouver les #$$%%%??? d'hotels qui acceptent les étrangers.


4 sep (Xuanhua - Changaing)

Je pensais faire une petite journée mais je me suis tapé un 110km quand même. En plus sortir de Xuanhua aura été plus compliqué que prévu et je me suis trompé de chemins a quelques reprises. Il n’y a jamais de panneaux indicateurs du chemin à prendre et souvent on se retrouve a des intersections majeures sans aucune indication ni personne à consulter. C’est alors que je suis content d’avoir un GPS. Aujourd’hui je n’aurai fait que de la route et je me suis arrêté vers 17h dans cette ville a 85 km a l’ouest de Beijing, L’histoire des hôtels à recommencer et on m’a refusé a quatre reprises sous prétexte que j’étais un étranger. Te faire dire par un hôtelier que tu ne peux pas rester dans son hôtel parce que tu n’as pas le bon look, ni ne parle la bonne langue te donne un feeling tellement désagréable et me fait comprendre un peu ce que peuvent ressentir ceux qui subissent de la ségrégation. Je suis donc forcé de loger dans des hôtels de luxe. Je ne m'y sent pas à ma place, et les procédures d’inscription sont toujours compliquées. C’est à croire que le personnel fait partie du corps des douaniers. Je hais d'être obligé de demeurer dans ces hôtels qui coutent cinq fois le prix des hôtels en ville qui sont toujours dans des coins perdu ou il n’y a pas de vie. La question des hôtels m’horripile vraiment. Au point que cela gâche la fin du voyage.

8.22.2009

Au tibet

18 aout
Grosse journée de vélo surtout qu’en sortant de la ville je suis retombé dans la construction. Les cinquante premiers kilomètres vers Chengdu sont aussi exécrables que les 100 Km que j’ai faits hier. Puis la route s’est améliorée et est devenue de première classe. J’ai passé cinq ou six tunnels donc deux faisait plus de 3 km. Pas de lumière dans le tunnel, je n’ai jamais fait quelque chose d’aussi dangereux de ma vie. Je ne voyais rien du tout. Seulement quand une voiture passait, je pouvais voir où était le trottoir et m’aligner. Au dernier tunnel, il y a un poste de péage et on m’arrête m’informant que je ne peux pas m’engager dans ce tunnel en vélo. Le tunnel fait 4km de long, il est éclairé et il y a même un accotement de quelques mètres de large mais les deux jeunes filles qui contrôlent l’entrée sont inébranlable je dois rebrousser chemin et prendre une petite route de terre. Cela est contre tous mes principes et je mets mon vélo sur le terre-plein et je commence à faire du pouce pour qu’un camion me prenne. Je n’aurai pas attendu plus de 5 min qu’un pick-up me fait signe d’embarquer. En deux temps trois mouvements le vélo est dans la caisse arrière et me voilà bien assis dans la cabine du camion. Le chauffeur m’amènera ainsi jusqu’à Dujiangyang à environ 60 Km de Chengdu. Il me dépose en avant d’un hôtel un peu chic pour moi mais je loue quand même. De nouveau je suis crotté mais moins qu’hier et mon vélo est dans un état piteux.


17 aout
Je suis arrêté à Wolong après avoir fait plus de 100 Km dans la poussière et une route en construction. J’étais sale. Tout mon équipement était crotté et j’étais épuisé. J’ai demandé à une dame sur la rue où je pourrais trouver un hôtel. Elle était la proprio d’un hôtel de première classe. J’ai pu nettoyer mon vélo, nettoyer mes vêtements et mon équipement de façon sommaire. Puis je suis sorti pour aller manger. J’ai hésité longtemps avant de choisir un restaurant tout près de l’hôtel. Les proprios étaient en train de fêter avec des amis et ils m’ont invité à les joindre. J’ai passé une très belle soirée à manger et boire de la bière. Je suis retourné à l’hôtel vers 22h.


16 aout
Une autre journée de vélo et un repos bien mérité. Le village en entier semble être réuni près de l’endroit ou je me suis arrêté pour manger. On négocie le prix de champignons que des cueilleurs viennent tout juste d’apporter a ce qui semble la proprio du restaurant ou je suis installé. Je fini par louer une chambre. De nouveau il n’y a pas de toilette, pas d’électricité et la chambre est dans un désordre qui ne m’inspire pas beaucoup. Je coucherai dans mon sac de couchage en utilisant mon oreiller. Les toilettes sont dans un autre compound, il faut traverser la ruelle derrière la maison, marcher jusqu’a la grille de l’autre résidence, traverser la cour intérieure pour atteindre les bécosses. Ce sont les seuls bécosses du coin.


15 aout
Grosse journée de vélo, descente toute la journée mais au début la route était exécrable et je ne pouvais pas faire plus de 10-15 km/h. Il a fait beau toute la journée quoique frisquet en matinée. Je me suis arrêté dans un petit village pour manger. J’ai loué une chambre et je me suis couché. La jeune fille qui a préparé mon repas est aussi ma logeuse. Dans la chambre il n’y a ni toilette, ni électricité alors on me donne une chandelle, un briquet, un thermos d’eau chaude et la clé de ma chambre.


14 aout
Grosse journée de vélo quoique je n’ai pas fait mes 100km. J’étais en montée toute la journée passé de 3100m à 4200 m. La route était vraiment exécrable et je me suis arrêté dans un petit village a 18h les types de la table à côté de moi étant super sympa j’ai finalement accepté de prendre un verre avec eux après avoir pris du vidéo et fait un peu de photos. Une belle soirée jusqu’à ce que l’un de mes nouveaux amis s’aperçoivent que ma camera avait disparu. Coup de théâtre, appel de la police, bagarre entre l’un de mes nouveau amis et ce qui était probablement le petit ami de la cuisinière ou son frère. Police tout le village est dans l’établissement pour régler le problème. Je m’éclipse, vers 9h on me rapporte ma camera. J’ai couché dans l’hôtel attenant au restaurant.


13 aout
Arrêt dans une grosse ville tibétaine, premier hôtel, petite fille super sympa. Trouvé un café internet mais on me refuse l'accès sous prétexte que je n’ai pas de carte d’identité. Coucher à l’heure des poules, j’ai très bien dormi quoique j’ai été réveillé trois fois car la tenancière a loué tous les lits de la chambre. Je me suis donc retrouvé avec trois compagnons de chambre chinois.




** Les Photos s'en viennent**

8.13.2009

En route vers le Thibet

31 Juillet


Une fois mon vélo fin prêt, je me suis trouvé un téléphone pour appeler mon contact couchsurfing. Sur le coin des rues, on trouve souvent deux ou trois téléphones alignés sur une petite tablette et que vous pouvez utiliser pour quelques sous. J’ai tenté d’appeler mon numéro à deux reprises sans que cela fonctionne, voyant mon désarroi, une jeune fille qui utilisait le téléphone à côté a offert de m’aider. Elle a composé le même numéro que moi et cela a fonctionné du premier coup. Finalement, j’avais mon contact CS au bout du fils qui me donnait des instructions sur la façon de me rendre à l’auberge de jeunesse près de chez elle car son appartement était déjà complet de voyageur. La plupart des points de repère, de directions et les noms de rue étaient en chinois et cela devenait de plus en plus compliqué pour moi de comprendre et d‘assimiler l‘information alors j’ai passé le téléphone à la jeune fille qui venait de m’aider. Elle semblait vraiment tout comprendre et elle est venue me reconduire directement à l’auberge. Une fois à l’auberge, elle est disparue aussi rapidement qu’elle était apparue au comptoir des téléphones. Il y a de ces jours ou je jurerais que j’ai un ange gardien.

Je me suis inscrit à l’auberge de jeunesse. Un endroit fort sympathique ou des voyageurs de toutes sortes, de tout âge et de toutes les nationalités se rencontrent. Il y a beaucoup de transfert d’information et tout le monde parle anglais. De plus l’auberge a un petit bar dans lequel on retrouve une vraie machine à expresso. Quoique le café soit vraiment très cher selon les standards chinois, je me suis offert un café expresso, le premier depuis mon départ d’Istanbul.

Nous avions convenu Amy, mon contact CS, et moi que j’étais pour la recontacter vers les 18h pour aller manger avec tout le groupe CS. Chose promise, chose due, je me suis retrouvé avec un groupe de jeunes autour d’une table dans un restaurant chinois à déguster une véritable fondue chinoise. Pendant le repas, j’ai voulu prendre un bout de vidéo mais ma carte était pleine alors j’ai voulu effacer quelques vieille prises et dans l’excitation du moment, j’ai pressé sur le mauvais bouton et j’ai tout effacé la vidéo que j’avais prise depuis mon départ d’Ottawa. Heureusement, la majorité des prises avaient été transférées sur mon disque dur mais je crois que j’ai tout perdu à partir du 14 juillet. Il faudra se contenter des photos.

Finalement, la soirée a été fort agréable, le repas délicieux et la compagnie exceptionnelle.

1 août (Xining)

Aujourd’hui, je veux décider si je vais à Lhassa ou non et mettre de l’ordre dans mes affaires et particulièrement mon blog. Alors j’ai passé la majorité de mon temps à l’auberge ou j’ai pris un petit déjeuner à l’américaine, deux œufs miroirs avec toast, bacon et patates rôties. Le hic c’est que ce petit déjeuner est préparé par des chinois et que franchement, ce n’était pas extra. Par contre, je me suis offert deux cafés qui étaient vraiment correct.

Tout le monde dans l’auberge me dit qu’aller a Lhassa est très cher, plutôt désappointent et qu’il faut au moins quatre a cinq jours pour obtenir la permission du gouvernement. Puis j’ai rencontré un autre cycliste Bulgare qui arrive de Chengdu sans passer par le Tibet. Tout le monde me confie aussi que je verrai probablement plus de tibétain en suivant cette route et que la difficulté du terrain est aussi grande sinon plus grande que celle qui va a Lhassa. Ma décision est prise, je pars demain pour la frontière Qinghai et Sichuan pour me rendre a Chengdu. Sans passé par le Tibet. Je me suis acheté une petite lampe de poche, une laine polaire et un nouvel odomètre de vélo.

Quoiqu’invité par Amy pour aller souper avec le groupe, j’ai décidé de manger seul et de me coucher tôt.



2 août (en route pour Chengdu)

Après avoir parlé de ma fâcheuse expérience avec le petit déjeuner américain de la veille, mon copain de chambre, un chinois de Shanghai, m’offre d’aller prendre un vrai déjeuner chinois avec lui dans un restaurant tout près de l’auberge. Nous avons mangé un lait soya chaud et sucré avec une pâte cuite dans la grande friture et des dumplings de viande mélangée avec des oignons. J’ai trouvé cela pas mal du tout, voir plutôt bon.

Puis je suis parti pour sortir de la ville, ce qui n’a pas été trop compliqué. Sur l’heure du dîner, a l’intersection de la 109 et de la 214, j’ai remarqué deux vélos avec bagages accotés sur la devanture d’un restaurant alors je m’y suis arrêté. C’était un couple de chinois de Xining qui venait de faire le tour du lac Qinghai et qui retournait chez eux après trois jours d’excursion. Ils étaient super sympathiques mais ne parlaient pas un mot d’anglais et nous avons regardé les cartes en gesticulant pour nous faire comprendre.

Un peu avant midi il avait déjà commencé à pleuvoir. A partir de Xining, la route grimpe continuellement. Rapidement, j’ai été obligé de mettre des doublures, de couvrir mon équipement mais je me suis pris un peu tard et j’ai commencé à sentir le froid. Avec l’altitude, les descentes et le vent qui renforce au fur et à mesure que j’avance, il faisait vraiment froid. Je commençais même à penser sérieusement à m’arrêter pour monter ma tente et me coucher, histoire de me réchauffer. C’est alors que j’ai aperçu au loin un autre cycliste, arrêté devant une tente de commerçant. Coup de bol, c’était un chinois, qui voyage seul, qui parle anglais et qui va dans la même direction que moi. Nous avons mangé un grand bol de yogourt sur nos vélos sur le bord de la route et mon nouveau compagnon de route m’informe qu’il y a un village à environ 17 km ou nous devrions trouver un hôtel pour la nuit. Sans ce nouvel ange gardien venu de nulle part, j’aurais couché dehors, transis de froid à quelques kilomètres seulement d’un village. Sur le chemin, il y avait un magnifique site tibétain et j’en ai profité pour faire quelques photos.

L’hôtel n’est pas terrible, une seule chambre avec quatre lits. Pas de toilettes dans l’édifice, il faut aller a deux coins de rues plus loin dans les toilettes publiques qui ne sont qu’une hutte de terre qui peut accommoder plus d’une personne à la fois. Bien sur, il n’y a pas de cloison et aucune intimité. Par contre les proprio sont super sympathiques et vont tout faire pour nous rendre la vie facile. Nous sommes invités dans leur appartement, une pièce unique, juxtaposée à notre chambre ou on retrouve un grand lit, une armoire une table à café un divan et un petit poêle dans lequel on brûle du charbon. On tire de petits tabourets près du feu pour nous et on nous sert du thé chaud. Nous allons pouvoir faire sécher nos vêtements qui sont détrempés. Mon compagnon demande où nous pouvons aller manger et voilà deux super bols de nouilles qui apparaissent dans l’appartement pour nous. Nous avons très bien mangé et nous avons très bien dormi, Malheureusement, mon compagnon me quitte demain car il va à Lhassa et les routes se séparent devant l’hôtel.



3 août (en route vers Chengdu)

Journée de vélo, parti de bonne heure et roulé jusqu’à un village ou j’ai trouvé un hôtel, mangé, fait quelques provisions au cas où, pour demain et dodo. On m’a donné une chambre avec trois lits et j’en ai profité pour sortir peu près tout ce que j’avais dans mes sacoches pour les faire sécher.


4 août (en route vers Chengdu)


Levé à une heure raisonnable, j’ai paqueté mes affaires et je suis parti. Rendu au bout du village je me suis dit qu’il serait préférable de prendre un petit déjeuner avant de sortir du village puisque je n’avais aucune idée quand j’aurais l’occasion de trouver un autre endroit ou je pourrais trouver de la bouffe. Je suis donc revenu sur me pas et je suis entré dans un petit restaurant qui avait déjà quelques clients (cela m’aide beaucoup à décider de ce que je vais manger car je peux pointer du doigt l’assiette d’un client pour demander la même chose). C’est d’ailleurs ce que j’ai fait en pointant les assiettes d’un jeune couple devant moi. Ils m’ont souri et on immédiatement engagé la conversation. A la fin du repas ils m’ont offert de me prendre avec eux dans leur auto jusqu’à Huas ixia.
Ce que j’ai accepté avec empressement. Je suis plutôt du genre puriste mais j’ai déjà deux jours de vélo en montagne sur un terrain désolé, aride et froid et je sais qu’il m’en reste presque 18 avant d’arriver à Chengdu. Encore une fois, mon ange gardien me protégeait car la route en sortant du village ou nous étions était en construction et sur une distance de 40 km, dans une montée en lacets, il n’y avait qu’une seule voie. Il aura fallu attendre près de deux heures avant de pouvoir s’engager car il fallait attendre que la circulation en direction inverse soit passée. Ce 40 km sur des cailloux et de la terre battue, à vélo aurait non seulement été difficile mais extrêmement dangereux. J’étais ravie d’avoir accepté l’offre de mes bons samaritains.

Nous sommes arrivé à Huas ixia à 14 h et nous avons lunché
puis ils m’ont trouvé un hôtel et ils sont partis assez rapidement car ils avaient hâte d’être chez eux avec leur petite fille.

La ville de Huas ixia est en longueur sur la 214. J’ai décidé d’y rester car la prochaine agglomération est à 80km et ce serait impossible de m’y rendre avant la tombée de la nuit. J’en profite donc pour faire un peu de vidéo et prendre quelques photos. La ville est peuplée de tibétain. On se croirait au Far West ou la moto aurait remplacé le cheval. Les gens arrivent des alentours pour faire leurs emplettes. C’est le summum de l’exotisme et paradis de la photo. Il s’agit seulement de se planter sur le coin de la rue et de déclencher l’obturateur de la caméra et le tour est joué. Des moines bouddhistes, des tibétains en costume, des motos ultra chargées, la cohue humaine et les commerces sont au rendez-vous.



5-6 août (en route vers Chengdu)

Deux jours de pédalage assez intense. Plusieurs cols à passer et des paysages fabuleux. Il faut toujours faire attention aux chiens et ici ils sont nombreux, gros et ils ont pour seul utilité de chasser les loups qui attaqueraient les troupeaux de Yaks. Ils vous font monter l’adrénaline de 200% chaque fois que vous en avez un sur les talons et ils fonctionnent normalement en groupe de cinq ou six. Le meilleur truc est encore de descendre de vélo, de se servir de son vélo comme rempart et de crier ou de leur lancer des roches. (A défaut de roches vous pouvez toujours leur lancer un tas de merde que vous trouverez à ce stage-ci, fort certainement dans le fond de votre culotte)
Le soir du 6 il n’y avait aucune ville à l’horizon et il commençait à se faire tard. Sur le bas coté de la route il y avait un campement de policier et il m’a semblé que ce serait un endroit sécuritaire pour piquer ma tente. Permission accordée et me voila entouré de policiers plus sympathiques les uns que les autres. Ils m’ont offert le souper et ils m’ont tenu réveillé jusqu’à 10h. Pendant la soirée ils m’ont offert de me prendre avec mon vélo pour aller faire de l’équitation (c’est du moins ce que j’avais compris). Au début j’ai refusé mais j’ai vite changé d’idée et accepté sur le principe de l’expérience unique.
7 août (en route vers Chengdu)
Lever pour 6h, petit déjeuner fait d’une pâte que l’on pétri nous même dans nos mains et que l’on mange en buvant du thé, départ pour l’équitation vers 8h. Je trouve que mes nouveaux amis ne sont pas vraiment habillé pour faire de l’équitation mais minois n’est pas encore assez bon pour leur poser des questions embêtantes alors on verra. On se tape environ 200 km de route et puis on prend une petite route non marqué pour se rendre dans une vallée ou se sont regroupé ce qui semble être le plus gros Po Wow de tibétains des environs. Je me rends compte rapidement que nous ne ferons pas d’équitation mais que je vais assister à la course annuelle de chevaux de tout le Qinghai. Tous les tibétains qui le peuvent sont ici pour l’événement et la police avec d’autres détachements du coin sont ici pour fournir l’ambiance. Posté à des endroits stratégiques tout au long de la course qui fait quelque 10 kilomètres, ils sont munis de mitraillettes légères et tirent des salves au passage des chevaux. Je suis donc avec eux et je fais quelques bonnes photos des concurrents qui courent sans selle.
L’ambiance est assez spéciale. Tout le monde crie a tue-tête, il y a des motos partout, des chevaux, les policiers tirent dans les airs et tout le monde s’amuse ferme. Il y aura quatre courses et le gagnant aura une bourse de 1000 yuan soit l’équivalent de 150$ US. Une fois les courses finies, c’est la ruée vers le village de tentes pour se restaurer. Les policiers semblent avoir une place qui leur est réservée. Une fois stationné, nous entrons tous dans une tente ou nous attend de la viande de Yak, des friandises, des boissons et surtout un grand verre de lait fermenté de Yak. Pas mauvais du tout. Les policiers retournent a leur campement et me laisse a la croisée des chemins pour que je puisse continuer mon voyage. Je me rends à Xiwa une petite ville à la jonction de la 207 et de la 307. Demain je serai prêt pour traverser dans la province du Sichuan. A ma grande surprise un jeune tibétain qui insiste pour se faire appeler Jimmy m’accoste dans un bon anglais et me fera visiter la ville et le monastère. Les gens sont très religieux ici et toute leur vie tourne autour du bouddhisme et du Dallai Lama.
8 août
Un autre col à passer, 4700m d’altitude et il pleut. D’ailleurs, il pleut tous les jours depuis que je suis parti de Xining. Je me suis rendu à Serxü ou il y a un important monastère bouddhiste. D’après moi c’est un genre d’école pour jeune apprenti moine. Je me suis trouvé une chambre ou il n’y a pas d’électricité, pas de toilette, encore moins de douche. Juste un lit dans un petit coin qui ressemble a une chambre à débarras. Je négocie avec le proprio et j’obtiens la chambre pour 15 Yuan (2$ US). J’ai déposé mes sacs et je suis parti en photo safari pendant que la lumière était encore bonne. A mon retour, l’accès à ma chambre est cadenassée ainsi que la porte de ma chambre. Comme je ne suis pas très de bonne humeur tout le monde cherche le proprio pour moi. J’attendrai ainsi pendant près d’une heure. J’ai fait de bonnes photos mais je n’ai pas aime la place.
9 aout
La journée commence mal car la proprio me fait comprendre qu’elle n’a pas été payé pour la chambre et réclame haut et fort son du. Comme je suis sur d’avoir payé celui qui m’a loué la pièce la veille, je refuse, question de principe pour ceux qui me suivront. Difficile de se faire comprendre quand on ne parle pas la même langue. Je finirai par partir sans avoir payé double tarif mais avec un goût amer dans la bouche. Après tout on se chamaillait pour l’équivalent de 2$. Avant de sortir de la ville je veux déjeuner. J’accoste un passant pour lui demander la direction d’un restaurant. Encore une fois c’est difficile de se faire comprendre et finalement un moine se porte à mon secours et me fais comprendre qu’il est encore tôt et que la majorité des restaurant ne sont pas ouvert avant 7h. Par contre il m’offre de l’accompagner et je me retrouve avec le moine dans les cuisines du monastère ou une gentille dame va me préparer le meilleur déjeuner que j’ai eu à date. Pendant qu’elle prépare le repas, le moine me fait visiter l’endroit et je m’aperçois que les moines ne vivent pas tous dans la pauvreté.
Départ du monastère à 9h et je vais pédaler ainsi pendant près de 10h pour me rendre dans un petit village où il n’y a ni restaurant, ni hôtel. Je demande à un couple de résident si je peux planter ma tente dans leur cour. Ils acceptent volontiers mais insistent pour que je partage leur toit. Ils sont super sympathique, et me reçoivent comme un roi. J’ai droit à tous les égards. On me prépare un copieux repas, et comme je veux prendre quelques photos, la jeune femme en profite pour s’endimancher. Une soirée vraiment sympathique, dans une vraie résidence tibétaine dans un petit village sans nom sur la carte.
10 août
Il pleut à boire debout et mes hôtes ne veulent pas que je parte. Je partirai tout de même vers les 9h. Il pleut toute la journée et elle me semble particulièrement longue. Pas vraiment de village, monter et descendre des pentes plus ou moins abruptes pour arriver vers 19h au milieu de nulle part. Comme il commence à faire noir, je me décide à prendre le bas coté de la route et planter ma tente. Je suis vraiment seul, en plus il pleut. Ce soir je vais manger de la conserve. Une boite de sardine que j’ai achetée voila quelques jours dans une épicerie chinoise accompagnée d’une boite de conserve de poisson dans une sauce tomates que je traine depuis l’Iran. Le poisson iranien sauve la soirée car je ne finirai même pas la conserve chinoise. Malgré la pluie et le froid, je passerai une nuit forte agréable et je ne serai dérangé par un chien errant qu’une seule fois. Le pauvre animal a eu plus peur que moi quand je me suis réveillé.
11 août
Il pleut encore. J’emballe en vitesse mes effets, démonte ma tente, et je suis à vélo à 7h. Je veux faire une grosse journée car il me semble que je prends du retard mais surtout je commence à trouver que le paysage se ressemble d’une journée à l’autre depuis mon départ de Xining. Les tibétains sont adorables mais ils peuvent peser lourd après quelques jours. Finalement après presque 100km, un village. Il est près de 18h et je décide de m’arrêter manger. Le restaurant est assez semblable à tous les autres sur le chemin. Il n’y a pas de menu. Les gens de la place s’agglutinent autour de moi. Cette habitude qu’on les tibétains à t’entourer des que tu arrêtes pour te regarder est assez stressante voir même harcelante pour un occidentaux. Je commande le plat que ce restaurant sert soit des dumplings à la viande qui sont d’ailleurs délicieux. Lorsque je finis mon repas le proprio qui est attablé juste à coté de moi avec ses amis m’offre une chambre. Je crois comprendre qu’il tient aussi hôtel et je demande le prix de la chambre. Pas du tout, il m’offre de me recevoir chez lui gratuitement et refuse d’être payé. La résidence est de toute beauté. Au rez-de-chaussée c’est l’entrepôt. On y retrouve sacs de grains, machinerie agricole et deux belles vaches Hershey. Il y a un escalier en bois qui aussi a pic que sur un bateau. A l’étage c’est le luxe. Tout est en bois, illuminé par de magnifique grande vitrine qui donne sur les pics de l’Himalaya. Les pièces sont spacieuses et harmonieusement décorées. Je partagerai la chambre du proprio avec le proprio et son garçon. L’épouse disparaitra pour la nuit. Le père et le fils dormiront ensemble et moi je dormirai dans un autre lit. Il y a d’ailleurs au moins quatre lits dans cette pièce. Vers 19h, on vient me chercher pour partager le repas du soir avec la famille. On passe dans une autre bâtisse, adjacente au restaurant qui est une épicerie tenue par la sœur du proprio ou de sa femme (je n’ai vraiment pas bien saisie le lien de parenté sauf qu’elle est la tante). On mangera une fondue chinoise avec plein de patates, de choux fleurs, de piments et toutes sortes d’autres légumes mais pas de viande, sauf pour moi à qui on a préparé d’autres dumplings que je partagerai avec toute la famille. La fille de la tante parle très bien l’anglais qu’elle a apprit en Inde pendant un court séjour dans l’entourage du dalaï-lama. Elle est médecin et pratique la médecine traditionnelle tibétaine.
Une magnifique soirée, plein d’ambiance ou je me suis gavé (deux repas en moins de deux heures).
12 août
J’ai quitté mes hôtes ce matin vers 8h après un petit déjeuner typique soir de la pâte de soya mélangé à du thé et un gros motton de beurre et arrosé d’un verre d’eau chaude. Pas terrible au goût mais très nourrissant et soutenant pour une autre journée de vélo. Il pleut encore des cordes. Mes hôtes ne veulent pas que je parte. Je pars quand même direction la ville de Garzê. C’est la plus grande ville depuis mon départ de Xining. Il est 11h, j’ai fait 30 km, je m’arrête pour manger, on me sert des dumplings à la viande. Je repars et à la sortie de la ville quelqu’un me souhaite la bienvenue au Sichuan dans un anglais impeccable sans une trace d’accent. Je reviens sur mes pas pour engager la conversation avec cette personne qui s’avère être une américaine qui est ici pour enseigner l’anglais. J’apprends qu’il y a un café internet tout prêt d’ou nous sommes et je décide de prendre connaissance de mes courriels. De fil en aiguilles, je finirai par me louer une chambre d’hôtel de luxe, tout près du café internet, je ferai une lessive, prendrai une douche, mettrai de l’ordre dans mon équipement et mettrai à jour mon blog. Une super journée de farniente ou je n’aurai pas arrêté une seule minute.

7.31.2009

La chine II

**D'autres nouvelles en provenance de la chine. Bonne Lecture**

24 Juillet

Plutôt difficile de garder le blog à jour quand on est en camping. Je suis arrivé à Liuyuan en fin de journée. Une croisée de chemin et j’ai décidé que je faisais le petit détour de 5km pour me rendre dans la ville et profiter du confort d’un hôtel. Il est très difficile de reconnaitre l’entrée d’un hôtel en Chine. C’est souvent une porte sans affiche logée entre deux commerces avec des chambres à l’étage. De l’extérieur il est presque impossible de savoir si c’est un hôtel, un commerce ou une résidence privée. Cette fois-ci c’était facile. Le prix de la chambre était un peu élevé mais je ne voulais plus me donner le trouble de chercher dans la ville pour sauver 10$. J’ai pris la chambre et soudainement, venu de nulle part, trois chinois sont apparus habillés pour faire du vélo. Ils parlaient l’anglais et se cherchaient une chambre. Ils ont décidé que l’hôtel était trop cher et sont reparti aussi rapidement qu’ils étaient venu après avoir pris quelques photos. Je ne les ai pas revus de la soirée. Liuyan est une ville industrielle et bruyante mais j’ai très bien mangé et j’ai très bien dormi.


Je suis parti de Liuyuan plus tard que prévu et je n’ai fait que 65 km avant de m’arrêter à Guazhou. Une petite ville située à l‘intersection de deux routes qui dessert les gens de passages. Il y a tous les services pour les camionneurs et quelques restaurants. Il n’y a pas vraiment d’endroit où se protéger d’un soleil qui tape dur même en fin de journée. J’ai pris un hôtel encore une fois un peu plus cher que j’avais prévu. C’était quand même sympathique et j’ai pu prendre un autre bon repas. Le problème à traverser le désert c’est qu’il n’y a pas d’endroit entre les villes pour s’arrêter et faire une pause. Une fois parti il faut rouler, boire de l’eau qui est devenu super chaude et le soir venu décidé si on arrête même si on est un peu à court dans les distances prévues ou continuer en risquant de ne plus rien trouver. On ne peut pas se protéger du soleil qui est omniprésent et franchement, le paysage est un peu monotone.

25-26 juillet

Des journées particulièrement difficiles, sur l’autoroute CZ 45 où la température monte probablement jusqu’à 50C et où il n’y a aucun endroit pour se protéger du soleil. Les autoroutes chinoises sont payantes et il est impossible d’en sortir. Elles sont entourées d’une clôture barbelée et toujours surélevées du terrain environnant. De plus, souvent, un fossé servant à canaliser l’eau et profond d’un mètre ou plus longe l’autoroute. Aujourd’hui, le 26, en fin d’après-midi, après plusieurs heures de vélo ininterrompu, je me suis mis à rêver à du melon d’eau et dans la chaleur du désert, cette idée est vite devenue une obsession. Coïncidence incroyable, un camion de melon est passé juste à côté de moi et quelques kilomètres plus loin, il a échappé un melon qui s’est brisé sous l’impact laissant une belle moitié presque intacte. Je l’ai ramassé et je l’ai mangé d’une traite. Tout seul, au gros soleil, à déguster un melon ramassé au milieu d’une autoroute, restera un moment inoubliable dans ma mémoire, car ce melon est certainement l’un des meilleurs que j’ai mangé.

27 juillet,

J’ai finalement repris la nationale 312. La route n’est pas aussi belle mais elle est très bien. Le paysage est super et il y a des villages à tous les 10-20 km. C’est maintenant difficile de ne pas se laisser tenter par tous ces marchands qui vous offrent tout le long de la route, des glaces, des fruits, des repas. Il y a beaucoup d’effluve de cuisine et ça vous aiguise l’appétit. Moi qui ai tant souffert de la soif et de la chaleur dans le désert me voilà au paradis. Je suis arrivé dans la ville de Zhangye. Une superbe ville pleine de verdure. Je me suis arrêté pour acheter des fruits que j’ai mangés gloutonnement sur le coin de rue. Un jeune homme m’a approché pour me demander en anglais s’il pouvait m’aider. Je voulais trouver un cybercafé pour envoyer quelques courriels. Il m’a reconduit au café ou j’ai pu travailler pendant une heure sans problème. Toujours impossible d’avoir accès à quelque blog que ce soit. Mon jeune ami s’est repointé au cybercafé pour m’offrir son aide. Il m’a trouvé un hôtel pas cher. Il a 24 ans, étudiant en art, il veut devenir peintre et il est plutôt sympathique et il semble connaître la ville comme le fond de sa poche. Une fois bien installé à l’hôtel, il me demande si j’accepterais de poser ce soir pour sa classe de peinture. Demande bizarre mais comme je n’avais rien de spécial à faire, j’ai pensé que ce serait une autre expérience à mon actif, alors j’ai accepté et après avoir mangé, me voilà au milieu d’un studio au 5e étage d’un édifice délabré assis sur une chaise à me faire dévisager par une vingtaine d’étudiants, filles et garçons dans la jeune vingtaine. L’atmosphère est super sympathique et quelques uns d’entre eux parlent suffisamment l’anglais pour engager une conversation. On me pose toutes sortes de questions auxquels je réponds. Il me montre quelques mots de chinois et s’esclaffent de rire à chaque fois que je les prononce. Je crois que je dois pratiquer mon accent. La session va durer trois heures. Le professeur peint au fusain et la classe agglutinée autour du professeur admire le travail. Personne ne parle, j’aurai droit à deux pauses de quelques minutes. Vu le modèle utilisé, le produit final est de toute beauté. Mon jeune ami me fait comprendre que le professeur est un artiste reconnu comme l’un des meilleurs en chine. À la fin de la soirée, le professeur m’offre sa peinture par amitié et pour me remercier d’avoir posé pour lui. Il veut travailler le portrait un peu plus et m’offre de me faire parvenir la toile par la poste une fois que je serai de retour au Canada. De toute façon, ce serait impossible pour moi de transporter la peinture à vélo donc l’arrangement est parfait. On échange adresse internet et mon jeune ami servira d’intermédiaire. Après le cours je suis invité à aller prendre une bière sur la grande place. L’endroit est magnifique la compagnie est particulièrement intéressante, il y a le professeur, l’épouse du professeur, qui est aussi une artiste reconnue, deux étudiants séniors et mon jeune ami. La conversation est un peu ardue car le seul qui parle anglais est mon jeune ami. Je suis rentré à l’hôtel un peu plus tard que j’avais planifié mais la soirée en valait la peine.


28 juillet

Je me suis levé un peu plus tard que prévu. J’ai pris le petit déjeuner, et je suis reparti visiter la rue des antiquaires par laquelle nous sommes revenus hier soir. Je suis sortie de Zhangye en début d’après midi. Prochaine destination Xining. La banlieue de Zhangye est aussi jolie que la ville elle-même mais environ vingt kilomètres de la ville on retombe en plein désert. Je roule jusqu’à Minle ou je prends un hôtel pour la nuit.

29 Juillet

Grosse journée de vélo. Je ferai 90km en à peu près 12 heures de vélo à 2685 m d’altitude. C’est une journée où je me suis ambitionné croyant à chaque détour que je trouverais un bel endroit pour piquer ma tente. Finalement, je m’arrêterai à la tombée de la nuit dans un campement de travailleur de la route. Ils ont été particulièrement gentils. J’ai monté ma tente sous le regard curieux de mes hôtes. Intriqués par mon vélo, l’un deux me demande s’il peut l’essayer. La permission est vite accordée et tout le chantier va essayer tour à tour le vélo de l’étranger. Comme je suis plus grand que la plupart des travailleurs et que je n’ai pas de pédales mais des clips, ils ont beaucoup de difficultés à maitriser l’animal. Ce qui engendre beaucoup de fou rire et dégage l’atmosphère. A la tombé de la nuit, je suis invité à partager leur repas. On m’amène dans une tente pour me montrer la viande que nous mangerons ce soir, Un porc, dépecé qui faisante à l’air libre dans un grand bol en inox. Nous mangerons vers 9h. Je suis présenté aux grands patrons du chantier et mes copains disparaitront tour à tour pour me laisser avec les patrons. On commence par déguster un melon, puis on me sert un verre d’eau chaude. Après une pause, on me sert bol de nouilles et dans un grand bol d’inox, le porc cuit avec des oignons sués juste à point. Tout le monde se sert dans le grand bol à volonté. C’était tout simplement délicieux.

30 juillet

Le campement n’avait pas de toilette et au petit matin, chacun son tour, les travailleurs traverse la route, et se soulage. Il n’y a pas de végétation et si par malheur un véhicule passe, le spectacle est la pour qui veut s’en prévaloir. Je suis parti du campement vers 6h et roulé pendant 140 km car je voulais me rendre à Xining. J’ai finalement opté d’arrêter vers 19h à Datong, une petite banlieue de Xining dans un hôtel. Celui qui me reçoit doit avoir moins de vingt ans. Il parle un peu l’anglais et est un avide cycliste. Il veut absolument me montrer les photos de ses excursions dans la région de Xining. Je monte a ma chambre, déballe mes choses, prends une douche et redescend au rez de chaussée pour aller voir les photos. Comme les photos sont sur son ordinateur, je m’aperçois rapidement qu’il est branché sur internet. Il m’offre immédiatement d’utiliser son ordinateur pour mes besoins personnels. Je me log sur Gmail mais voilà que j’ai toute la famille autour de moi incluant grand-père et grand-mère, oncles et tantes derrière moi regardant ce que je fais, même si j’écris en français et qu’ils ne peuvent rien comprendre la situation est un peu intimidantes et la session internet sera plutôt courte.

31 juillet

J’ai dormi comme un loir. Je me suis réveillé à 9h, paqueté mes affaires et direction Xining qui n’est plus qu’à 35 km. Le paysage est magnifique, je m’arrête après une dizaine de kilomètre pour déjeuner. Toujours le même problème, commander un repas est toujours laborieux car il est impossible de lire le menu et personne ne parle l’anglais. Alors, habituellement, je pointe du doigt un client qui mange quelque chose d’appétissant. Ce matin, j’ai pointé un plat qui me paraissait particulièrement appétissant et je me suis retrouvé avec une soupe aux tripes avec des nouilles. Quoique délicieux je n’ai pu m’empêcher de penser à mes amis du bureau avec qui je mange le vendredi un bol de Phô dans un restaurant de la rue Bank (clin d’œil à Nathalie et à Kim).

Xining est la capitale de la province du Qinghai et une grande ville moderne. J’ai une adresse de vendeur de vélo fourni par mon hôtelier d’hier où je me dirige dès mon arrivée. Le magasin est loin de correspondre à ce que je croyais et le vendeur ne veut pas toucher à mon vélo et me redirige vers un autre coin de la ville me montrant de la main une direction et me donnant une note écrit en chinois. Je pars dans la direction indiquée, montre mon papier aux passants et on me pointe de la main la direction. C’est ainsi que je suis arrivé à un magasin Giant et que j’ai fait remonter pignons, plateau, changer la chaîne, ajuster les freins etc etc pour 60 Yuan (un peu moins de 10$ US). Les réparations ont été faites sur le trottoir en face du magasin. Le jeune mécanicien connaissait son affaire et a fait un super job. Je suis maintenant près à affronter un autre 10,000 km.

**Aux prochaines nouvelle, Pascale**

7.23.2009

Enfin en Chine!!

** Dû aux difficultés techniques avec l'internet que mon père a subies en Chine, il m'a envoyé ses textes pour que je les publie sur son blogue! Bonne Lecture!**

2 juillet

Journée de grande farniente. Je me suis levé vers 8h, petit déjeuner copieux offert par le B&B dont je n’avais pas pu bénéficier depuis mon arrivée. Grande discussion sur l’archaïsme de la langue québécoise avec des français avec qui je partage ma table. Puis, je prends le vélo pour me rendre à la station
de train réserver une place pour demain. L’estomac n’est pas encore en parfait état mais au moins je contrôle passablement le système. Je fais un saut au cybercafé vérifier mes courriels et mettre en ordre mon blog. J’ai basculé quelques photos sur mon blog mais la connexion est tellement lente que j’ai abdiqué après deux photos seulement. Je suis allé manger un ¨Plov’ qui est en fait un plat de riz au safran avec de la viande des carottes et des oignons. Chaque région de l’Ouzbékistan se tare de faire le meilleur plov du pays et il y a autant de variations dans le plov qu’il y a d’habitants. En passant, ce n’est pas cher et c’est délicieux. Après le lunch, retour à la chambre et sieste puis visite des monuments que la ville offre aux touristes. Retour à l’hôtel vers 19h

3 juillet

Je me rends à la gare de très bonne heure pour attraper le train allant à Chimkent. C’est un des plus beau train que j’ai eu la chance de prendre. Les sièges ressemblent à des sièges de 1ière classe à bord des 747. Il y a deux rangées et il y a deux sièges par rangée. Je m’assoie et je suis rejoint rapidement par un autre voyageur, un français qui arrive du Tadjikistan. Nous allons passer la journée ensemble, mais à l’arrivée à la gare

4-5-6 juillet

Parti de Taskent au petit matin je roule au max pour rejoindre Taraz. Je me tape plus de 300 km en trois jours.

7 juillet
Je suis parti ce matin de bonne heure. Et je suis rentré à Taraz vers les 16h30 après avoir complété plus de 100 km. J’ai immédiatement trouvé un cybercafé et j’ai pu retourner mes courriels. Surtout que je veux trouver un endroit ou crécher à Almaty. Me fiant au guide Lonely Planet je demande aux jeunes qui peuplent le cybercafé des directions pour me rendre à l’hôtel Gazovich qui est le plus recommandé dans le guide. A ma grande surprise personne ne parlait suffisamment l’anglais pour me donner des directions. C’est alors qu’une jeune fille et sa mère sont apparues et m’ont offert leur aide. La jeune fille parlait bien l’anglais et elles décidèrent de venir me reconduire jusqu’à l’hôtel. La chambre est un peu chère mais il est tard, il fait noir et j’ai encore des problèmes avec mon système digestif. En plus la chambre est la plus belle que j’ai eu à date avec toilettes occidentales, bain, et il y a un frigo. Je m’installe dans la chambre rapidement. J’ai décidé de souper à l’extérieur et je prendre l’air. De plus, je veux m’acheter des victuailles car j’ai l’intention de profiter de ce frigo.

8 juillet

Je me suis levé ce matin avec des crampes et des gargouillements et une envie pressante qui n’a rien à voir avec la fringale du matin. J’ai donc décidé que j’étais pour demeurer une journée de plus à Taraz. Premièrement, il faut que je quitte ma chambre et que déménage dans un autre hôtel car on m’avait averti la veille qu’il n’aurait pas de place pour moi demain. Je me rends à l’hôtel Zhambyl juste a coté et réserve une chambre pour la nuit. Puis je pars en ville faire un peu de visiting. La ville de Taraz est très jolie, propre et plein de vie mes je n’ai pas vraiment le cœur à la visite et encore moins envie de marcher. Je me retrouve donc à l’hôtel de bonne heure, couché pour la nuit.

9Juillet

Je suis toujours à Taraz, à l’hôtel Zhambyl. J’ai encore l’estomac à l’envers mais je contrôle. Je suis parti vers les 10h. La journée s’annonce dur, il fait déjà chaud. Au départ de Taraz, la route est en mauvais état mais il y a des villages à tous les dix kilomètres, des magasins, des restaurants et partout des endroits parfaits pour piquer sa tente. Puis sans crier gare, on tombe dans le désert. J’ai pédalé toute la journée sur un terrain plat, sous un soleil de plomb sans un seul arbre ni aucun endroit pour s’abriter. L’asphalte est faite de gros cailloux, de crevasses et de trous béants. Si les premiers 40km ont été plutôt agréable, c’est tant bien que mal que je réussi à compléter mes 100 bornes et lorsque je vois un bosquet d’arbres sur le coté de la route, c’est sans hésitation que je décide d’arrêter pour la nuit, car depuis quelques heures je me demande ou vais-je pouvoir planter ma tente pour la nuit. L’emplacement est loin d’être idéal mais ca passe le test. Je m’éloigne un peu de mon campement et à mon retour, il y a un cavalier monté sur un tout petit cheval qui me regarde. Il me souhaite la bienvenue et me demande de la vodka. Comme je n’ai aucun alcool, il repart sans demander son reste et je rentre dans ma tente.


10 Juillet

Malgré le matelas pneumatique qui perd son air, la journée avait bien commencé avec une bonne nuit de sommeil. Je m’étais levé de très bonne heure, et la journée était fraîche, le vélo allait bien et la route n’était pas si pire. J’avais déjà presque engrangé mes 100 km dès midi. Tout le long de la route, je confirme mon itinéraire avec des locaux car selon la carte, à un moment donné je dois quitter la route principale qui passe par le Kirghizistan et faire un détour par une route secondaire. Je ne peux me permettre de manquer cet embranchement. Difficile d’expliquer une telle subtilité avec des signes. Plus je m’avance sur le chemin et plus le doute que j’ai loupé l’embranchement me hante. Finalement, dans un petit restaurant qui longe la route, on me confirme que le village où je dois quitter la route principale est passé depuis plus de trente kilomètres et dans mon esprit cela confirme que je dois rebrousser chemin sur trente kilomètres. J’approche un routier qui est sur son départ. Il accepte de me prendre à son bord. En deux temps trois mouvements le vélo est chainé sur la remorque et je me retrouve assis sur le lit de la cabine derrière le conducteur. Nous sommes cinq dans une remorque qui devrait compter au maximum deux personnes, L’atmosphère est détendue et mes bons samaritains n’ont qu’une seule envie, s’esclaffer de rire. J’ai passé une heure très agréable en leur compagnie. Ils me déposent à la croisée de chemin où je suis convaincu que je dois m’engager. Le conducteur du camion remorque est moins sûr que moi et après de longues discussions avec les marchands de miel qui ont leurs étals sur cette intersection, il en vient à la conclusion que j’étais sur le bon chemin et qu’il n’y a qu’une seule route qui mène à Almaty , qu’elle ne passe pas par le Kirghizistan et que ma carte est trop vieille. Tout cela se fait par signes, dessins et griffonnages sur le sable. Mais on finit par se comprendre. Pendant les discussions, les marchands de miel m’offrent le thé, mes bons samaritains m’offrent du miel et tout le monde décide de prendre en charge mon retour vers le point de départ en me halant une voiture, un autobus ou un camion. Je perdrai ainsi plus d’une heure attendre une occasion qui ne viendra jamais. Vers 16h, je me décide à quitter mes amis qui semblent déçus de constater que leur plan n’a pas marché et de me voir partir. Je dois me retaper un trente kilomètres de désert pour la troisième fois. Les gens du restaurant ou je m’étais arrêter pour le lunch semblent surpris de me revoir et ne comprennent pas vraiment ce qui s’est passé, mais sont très heureux de me voir, surtout que je commande de nouveau un repas. Il y a un petit boisé tout près et je décide d’y passer la nuit. Je fais vite me rendre compte que le petit boisé vide pendant le jour est occupé la nuit par des jeunes et de nombreux chiens errants. Qu’à cela ne tienne, je suis fatigué, la nuit est maintenant tombée et je n’ai pas le choix...

11Juillet

Je me suis levé ce matin après avoir passé une nuit agité, mon matelas pneumatique perd toujours son air et le foam tout seul ne fait pas vraiment le travail, des chiens ont hurlé une bonne parti de la nuit, j’ai eu des visiteurs a deux reprises qui même s’ils ne m’ont pas dérangé m’ont quand même réveillé. Une drôle de nuit. La petite communauté sur le bord de chemin était réveillée et je me suis offert un bon petit déjeuner avec du pain, du thé et des œufs. Puis vers les 7h30 départ. J’ai l’intention de faire un maximum de chemin aujourd’hui avec comme but de me rapprocher le plus possible d’Almaty. Le paysage est plat et monotone en fait, j’ai l’impression de revivre les prairies mais en plus chaud avec de l’asphalte de mauvaise qualité sans accotement et qui est utilisé par beaucoup plus de poids lourds. En plus il y a cette boucane noire que les camions crachent sans arrêt. Je fini toujours ma journée avec la gorge en feu

Vers 10h30, un long cours ralentit à ma hauteur et le chauffeur par signe me fait comprendre qu’il se rend à Almaty et qu’il m’offre de me prendre à son bord. L’aubaine est trop belle, le timing trop parfait et le soleil beaucoup trop chaud pour que je refuse et me voilà armes et bagages dans une semi-remorque en route vers Almaty. Il y a de ces occasions qui sont un don du ciel et ce type va me faire économiser 370 km et trois jours de souffrances. Je pourrai partir pour la Chine dès lundi matin.

Almaty est une très grande ville moderne européenne et très sophistiqué. À l’entrée d’Almaty, mon ange gardien de camionneur donne un coup de fil à mon contact du groupe Hospitality et me dépose le plus près possible de l’adresse de Mila. Il me faudra quand même presque ¾ h pour trouver l’endroit. Un petit 4 1/2 au 9ieme étage d’un bloc appartement de style soviétique, pas très joli de l’extérieur mais parfait à l’intérieur. J’apprends très vite que je suis le 4ieme voyageurs que Mila a accepté d’héberger. Il y a un russe, un polonais, un hollandais et moi. Les étrangers sauf le hollandais qui couche à l’extérieur chez une amie, allons tous dormir dans la même pièce. Les résidents aux nombres de 4 couchent dans les autres pièces. Mila, son chum, le russe et le polonais partent au petit matin faire un cinq jours de trekking dans les montagnes toutes proches. Ils commencent leurs préparatifs très tard dans la soirée et passent la nuit à se préparer pour le lendemain. Is se coucheront vers les 3h du matin avec un départ prévu pour 5h30. Ma nuit va être très courte. Bah! Je me reprendrai demain.

12 Juillet

Je me suis levé ce matin à 9h. Pas une très grosse nuit de sommeil. La maman de Mila ma fait un super café style Turque et j’ai eu droit à du saucisson et un fromage. Mon seul but aujourd’hui est de m’assurer un billet de train pour Urumqi demain soir. J’enfourche mon vélo avec la mission de trouver la station de train. Le petit ami de Lisa m’a griffonné un croquis pour que je puisse trouver la gare, un réparateur vélo et quelques librairies ou je pourrais trouver un guide et des cartes pour la Chine. Tout le monde me prévient que mon entrée en Chine est maintenant à risque. Les chinois auraient fermés la frontière depuis les troubles survenus à Urumqi lundi. Les nouvelles sur internet ne sont pas plus rassurantes sauf que depuis hier, on dit que tout est revenu normal à l’exception d’une présence accrue de militaires et de policiers.

J’ai finalement trouvé la gare, me suis fait copain avec le préposé aux bagages et j’attends avec impatience que la préposée au billet pour Urumqi consente à se montrer. Le guichet est ouvert mais la préposée absente. J’ai attendu au moins une heure puis j’ai décidé avec mon nouvel ami de partir en ville, trouver le réparateur vélo et les librairies. La recherche a été fructueuse et de retour à la gare, la préposée se montre finalement le portrait pour nous annoncer qu’elle ne peut vendre de billet pour Urumqi car elle ne sait pas si les chinois ont ouvert la frontière aux étrangers. Elle me dit de revenir demain lundi en espérant que les autorités auront décidés de nous laisser passer. J’apprends aussi que le train de Samedi s’est rendu à Urumqi mais qu’il était vide, sans passager.

Ce matin en me rendant à la gare j’ai remarqué un Pizza Hut sur le chemin et cette image est restée gravé dans ma mémoire olfactive toute la journée. Mon estomac a pris le dessus sur mon raisonnement et je me suis arrêté manger une pizza medium chez Pizza Hut d’Almaty.

J’ai passé la soirée à répondre à mes courriels, et à discuter avec la mère de Mila. Je lui ai conté ma journée à la gare, nous avons parlé de l’époque soviétique et de l’indépendance de son pays, j’ai répondu à ses questions sur le Canada et les États-Unis et beaucoup sur la distorsion que les médias font de la réalité.

13 juillet

Petite journée merdique, levée très tôt , déjeuner avec Madame et départ pour faire ajuster le vélo, acheter mes billets de train et trouver une librairie où je pourrais me procurer un guide et une carte de la Chine. Tout cela devait être du gâteau puisque je savais exactement où aller ayant fait ma reconnaissance la veille. Mais voila le magasin de vélo n’était pas ouvert, je me suis rendu à la gare et j’ai obtenu mon billet sans problème, cependant une fois le billet acheté, la préposée m'a informé qu’il n’y avait pas de wagon à bagages et que le vélo ne pouvait pas prendre le train. La dame Kazakh qui était derrière moi a pris ma défense et après beaucoup de discussions m’a amené voir les responsables des bagages. Encore beaucoup de parlottage pour finalement me faire dire qu’il n’y a jamais eu de problèmes avec les vélos mais que je devais le prendre avec moi dans le wagon qui m’a été assigné. Un problème réglé. Je pars maintenant vers le magasin de vélo. Il est ouvert mais le mécanicien est en congé. Il n’y aura pas de réparation possible aujourd’hui. On me dirige vers d’autres magasins qui se situent un peu partout dans la ville. Je fais faire des kilomètres en vain sans jamais trouver un seul des magasins. Tant pis le vélo va très bien et on me dit qu’il y a de très bons mécaniciens de vélo à Urumqi. On verra. J’ai trouvé trois librairies mais aucune n’avait de guide anglais pour la Chine et encore moins de carte en chinois. J’ai quand même profité de la journée pour prendre du poids et admirer la ville. En fin d’après-midi je me suis arrêté dans un café et j’ai mis de l’ordre dans mes textes destinés à ce blog. Pendant que je prenais le café un couple de français super sympathique m’a accosté. Jean-Claude et Dominique ont été attirés par le vélo. Fraichement débarqué à Almaty, ils étaient intéressé par mon voyage et encore plus quand ils ont appris que j’étais québécois, que je parlais français et puis j’y trouvais mon compte car ça faisait drôlement du bien de parler français. Avant que la nuit tombe je me suis rendu à la gare attendre mon train. J’y ai rencontré un autre couple de français qui se rendent eux aussi à Urumqi pour revenir à Almaty en vélo. Ils vont prendre deux mois pour parcourir leur circuit. Enfin le train chinois pour Urumqi entre en gare. Il faudra quand même attendre 23h30 avant que les portes des wagons s’ouvrent pour que les passagers s’installent. Avec mon vélo, je deviens vite un problème pour le responsable du wagon qui refuse de me laisser entrer. Il y aura beaucoup de discussions et l’heure de départ qui approche inexorablement et je suis toujours sur le quai. Finalement, le chef décide de me laisser monter mais je dois démonter complètement le vélo, d’attacher toutes les pièces ensembles et de prendre vélo et les cinq sacoches avec moi dans ma cabine. Une cabine qu’officiellement, je dois partager avec trois autres passagers. Lorsque ceux-ci m’ont vu arriver avec mon vélo en pièces détachées, ficelé avec une sangle de nylon et poussant mes cinq sacoches, j’ai, pour la première fois, compris parfaitement le chinois. Traduction
“Ha ben tabar....que, y a toujours des câ..... de limite, ou cé qui ai l’hos... d’épais qui a pris la décision, y faut que j’y parle”
et je me suis retrouvé dans une cabine tout seul avec mon bicycle pis mes sacoches. C’était mon premier contact avec la culture chinoise et j’ai trouvé qu’ils parlaient et pensaient pas mal comme nous autre.

14 juillet

Toute une journée à passer dans le train tout seul dans ma cabine avec mon bicycle. Je me suis quand même fait des amis des deux chinois avec qui j’aurais du partager la cabine. Ils m’ont d’ailleurs donné une banane et quelques biscuits. La cabine adjacente à la mienne m’a offert un café et un morceau de poulet. Les gens sont vraiment gentils. Vers 17h nous sommes arrivés à la frontière Kazakhstan/Chine et subit le dernier contrôle Kazakhstan. Puis les roues des wagons ont été changées car j’apprends à ma grande stupéfaction que les voies ferrées des pays de l’est sont plus larges que les voies ferrées chinoises. Mon nouvel ami de la cabine d’à côté m’explique avec beaucoup de gestes que cela serait à cause de Staline qui voulait augmenter la capacité des wagons durant la guerre. L’opération nous cloue au sol pour environ une heure. Puis chaque passager reste dans sa cabine avec ses bagages à attendre de passer la douane coté Kazakhstan. Ils sont assez efficaces et nous recevons en une heure et quelques chiquenaudes nos passeports estampillés. Malgré cela le train restera bloqué pendant plus de six heures dans le “No Man’s Land”. C’est ici que dans mon esprit, l’expression favorite de mon beau-frère Richard a changé de “vif comme un éclusier” pour “vif comme un douanier” mais j’étais tout seul pour trouver cela drôle alors j’ai ris dans ma tête en pensant à beau-frère Richard. Même dans le “No Man’s Land” nous demeurons sous la surveillance des soldats Kazakh. Alors on se regarde en faisant semblant de ne pas se voir, eux dehors et nous en dedans. Personnellement, je les trouve plutôt sympathiques, et fort de mon expérience militaire, je suis persuadé que cette situation les emmerde encore plus que nous. Mon voisin de cabine m’avise avec le plus grand sérieux de ne pas les regarder et encore moins de leur sourire. Selon lui, cela ne pourrait amener que le trouble. Mais c’est plus fort que moi et je n’arrive pas à ignorer le pauvre bougre qu’on a planté telle une statue devant la fenêtre de mon wagon. Quand finalement, vers les 23h, le train s’extirpe de sa torpeur en direction de la frontière chinoise le jeune soldat me regarde et m’envoi la main. Je dois dire que cela m’a fait un petit velours.

Les gardes chinois sont tout sauf ce que j’aurais imaginé. Ils sont grands, plutôt baraqués, souriants et très sympathiques. Leur anglais est presqu’inexistant. Malgré tout, à force de bonne volonté de part et d’autre, nous réussissons à communiquer. Ils sont très intéressés par mon voyage, mon équipement et mes cartes et ils sont très efficaces. Ils sont toujours attirés par les gadgets électroniques et l’un deux veut vérifier mon ordinateur. Je tends l’appareil qui refuse de démarrer. J’ai beau tenter toutes sortes d’astuces, rien ni fait et je suis drôlement embarrassé. Au bout d’une éternité, je comprends que les batteries sont complètement à plat et je branche l’appareil qui se met à fonctionner. Je n’ai aucune idée de ce que le douanier a pu penser car il est resté de marbres pendant toute l’épisode.

Une fois les passeports estampillés et les douaniers descendus, le train s’élance vers Urumqi et nous allons nous coucher. Il est dépassé une heure du matin.

15 juillet

Le garçon de cabine me réveille en cognant à ma porte. Il est 7h. Il annonce aussi que nous serons à Urumqi dans une heure. Dernier petit déjeuner sur le bras de mes amis d’à coté, brossage de dents et rempaquetage des sacoches et je suis prêt. Le train arrive à la limite de la ville à 8h mais en gare à 9h.

Le vélo est remonté en un tournemain sur le quai de la gare et me voilà reparti. Premier contact avec la chine, j’ai l’impression de me retrouver dans un gigantesque quartier chinois Je suis incapable de lire quoi que ce soit, je ne comprends pas un traitre mot de ce qui se dit et eux ne comprennent pas un traitre mot de ce que je dis. Je pointe donc mon vélo vers l’est et vogue la galère. Je ne ferai que quelques kilomètres avant d’arrêter ma bécane et à l’aide de signes je réussis à trouver un hôtel en périphérie de la ville. L’hôtel insiste pour que je règle le prix de la chambre à l’avance et je me rends compte que je n’ai plus que quelques dollars en poche. Mission trouver un guichet pour retirer de l’argent. Il y a des banques partout mais mes premiers essais sont infructueux et pendant un court laps de temps l’idée affreuse que je pourrais avoir un sérieux problème d’argent, si ma carte VISA ne fonctionnait pas dans les guichet chinois, m’a effleuré l‘esprit. Puis, c’est le miracle, tout fonctionne à merveille. En plus il y a un jeune à la banque qui baragouine suffisamment l’anglais pour comprendre que je suis a la recherche de cartes et de guides de la Chine. Il m’emmène ipso facto dans une immense galerie, genre foire aux livres, et j’y trouve tout ce que je cherchais. Une carte bilingue, chinois - anglais et deux guides illustrés un bilingue et un en anglais. Voila deux gros problèmes réglés. J’ai aussi remarqué des ateliers et un cordonnier sur ma route. Retour à l’hôtel, je vide mes sacs et je retourne vers les ateliers. Pour moins de deux dollars je règle mes problèmes de sacoches. Il ne me reste plus qu’à manger et ici c’est le paradis des mets chinois. Je me régale d’une soupe au ravioli pour le lunch puis d’un plat de poulet accompagné de nouille pour le souper tout cela arrosé copieusement de thé et accompagné tout au long de la journée de fruits frais. Le paradis pour quelques dollars.

Je suis fin prêt pour attaquer la route aux premières lueurs demain matin.

16 Juillet

Je me suis réveillé plus tard que je ne le pensais. J’ai paqueté mes trois sacs qui sont maintenant réparés et je suis parti vers 8h30. Comment faire pour sortir de la ville. C’est ici que le GPS a été utile, je suis parti vers l’est. Ma carte en chinois m’a aussi vraiment été utile. Si je parle aux chinois,ils me regardent avec un grand sourire, baraquouinent quelques mots puis s’en vont. En leur montrant la carte, ils regardent et s’intéresse immédiatement à localiser l’endroit où nous nous trouvons. Puis je leurs montre où je veux aller et ils me pointent dans la bonne direction. Cette manœuvre, j’ai dû la répéter au moins cent fois sur une distance de quelques kilomètres seulement, sans jamais être sûr si je m’engageais sur la bonne voie pour Turpan. Je viens de me rendre compte que mon odomètre ne répond plus aux commandes et que je ne peux plus atteindre les tableaux d’indicateur de distances, et d’heures. C’est une emmerde dont je me serais bien passé car j’aime bien savoir combien de kilomètres j’ai parcouru. GPS devra prendre la relève.

J’ai déjeuné vers 9h30 dans un petit restaurant Urqhu et le propriétaire m’a donné de bonnes directions pour me rendre à Turpan. Au premier contrôle routier, la police me somme de quitter l’autoroute et de prendre un petit chemin qui longe l’autoroute. Il veut que je retourne sur mon chemin 10 kilomètres pour prendre la dernière sortie. On parle avec des signes et je lui demande si je pourrais sortir à la prochaine sortie qui est aussi à 10 kilomètres devant. Son patron qui n’a pas bougé jusqu’à maintenant l’appelle et le policier accepte mon arrangement. Je repars donc sur l’autoroute que je ne quitterai d’ailleurs pas jusqu’à Turpan sans jamais être embêté. La route est belle, propre et l’asphalte impeccable. Tout un changement avec le Kazakhstan. Plus je m’engage dans en Chine et plus j’aime ce pays. A 10 km de Turpan, je m’arrête dans une station service pour boire quelque chose d’autre que de l’eau chauffé par le soleil. Le propriétaire insiste pour me donner la boisson que j’ai choisie. Je sors dehors pour le boire et voilà que les jeunes pompistes qui n’ont pas vingt ans me reçoivent avec une autre boisson puis des morceaux de cantaloup et une cannette de Red Bull. Je devrai leur faire comprendre par signe que je ne peux plus ingurgité quoi que ce soit, que j’ai l’estomac plein comme une outre. Surtout que j’ai encore l’estomac fragile.

Finalement je rentre à Turpan entre chien et loup et je me dirige vers l’hôtel que le bureau d’information touristique m’a conseillé comme étant le moins cher de Turpan (80 Yuan) environ 12 USD et tout à fait correct.

17 juillet

Parti vers 8h. Petit déjeuner sur le coin de la route compose d’un œuf dur, de deux rouleaux de pâte cuit dans la haute friture et d’une petite salade de carottes comme accompagnement, le tout arrose copieusement d’eau chaude. Puis j’ai pédalé jusqu’à une annonce de site historique. J’ai décidé de m’y rendre un détour de 15 km. L’ancienne ville de Gaochang et les tombes d’Astana en valaient la peine. La ville de Gaochang existe toujours et s’est développée à coté des ruines. Certaines maisons sont construites dans les ruines. On repassera pour la conservation des lieux historiques. Dans les ruines, j’ai rencontré un groupe de Québécois qui faisait la route de la soie accompagné d’un guide au nom italien et qui venait de Montréal. C’était assez spécial de parler et d’entendre notre accent dans les ruines d’une ancienne cité chinoise au fin fond de la province du Jingxang. Dans le village actuel de Gaochang, la vie tourbillonne, et je m’y suis arrêté pour le lunch. J’ai mangé un délicieux plat de légumes, de nouilles et de poulet avec du chaï à volonté. Je suis reparti vers 14h direction Shanshan. La route est en montée constante et le vent souffle de l’est aujourd’hui je ne ferai pas aussi bien qu’hier. De plus, je suis dans une région semi-aride et le soleil tape vraiment dur. Sur le chemin j’ai aperçu un regroupement d’auto stationné sur la chaussée et des chinois qui prenaient un bain de soleil et de sable dans le pan de la montagne. Il n’y a pas d’eau à des miles à la ronde. C’était une scène assez spéciale. Vers 18h, je me suis arrêté dans un village juste avant Shanshang et comme il y avait un hôtel j’ai décidé de m’y arrêter pour la nuit. Je n’ai toujours pas d’odomètre, mon matelas pneumatique perd toujours son air et je crois que j’ai une mini fuite dans mon pneu arrière que j’ai du gonfler deux fois dans la journée d’hier.

18-19 juillet

Deux jours de grandes pédales. J’ai fait environ 250 km. Les contrôles de mon odomètre ne répondent plus alors je suis pris avec des tableaux qui me donnent ma vitesse et la vitesse moyenne depuis le début. L’heure apparait seulement lorsque je suis arrêté et elle est restée à l’heure d’Almaty avec deux heures de retard... Je le garde quand même monté sur le guidon de mon vélo car il enregistre probablement les kilomètres et je pourrais peut-être réussir à faire fonctionner les commandes à mon retour au pays. Sait-on jamais!

La première nuit, j’ai campé carrément sur le bas coté de l’autoroute dans le gravier. J’ai quand même passé une très bonne nuit. Le 19, j’ai demandé la permission de camper dans une carrière de sable. Alors que j’étais bien installé l’un des conducteur de camion de la carrière est venu me visiter et par signe, m’a offert de souper. Je croyais que nous mangerions à la bonne franquette sur le chantier mais je me suis retrouvé assis sur une petite moto sur l’autoroute, dans des sentiers dans les champs pour enfin aboutir chez lui dans un village à quelques kilomètres du chantier. Il m’a fait visiter sa maison et son épouse a confectionné en deux temps trois mouvements des pâtes maisons qu’elle a agrémentées de légumes frais du jardin, d’herbes et d’un petit morceau de viande. Pendant ce temps nous nous régalions d’un succulent melon d’eau et mon hôte appelait sur son cellulaire, tout le voisinage et la parenté. Le repas était vraiment délicieux. Mes hôtes chaleureux et agréables. Je regrette tellement de ne pas pouvoir communiquer avec eux. J’aurais tellement de questions à poser, surtout que j’étais dans une famille Uygurd. Je suis revenu à ma tente à 23h30. Je vais manquer un peu de sommeil demain mais l’expérience en valait la peine.

20 juillet

Petite journée de 80 km. Je me suis arrêté à Hami, je me suis loué une chambre, J’ai l’intention de mettre de l’ordre dans mon blog pour le jour où j’aurai une connexion internet, de réparer ma crevaison et mon matelas pneumatique qui coule toujours et de me coucher à l’air climatisé et de très bonne heure. Comme dirait mon amie Louise de faire ma poule de luxe pour un soir.

21 juillet

J’ai réalisé ce matin en vérifiant les horloges de l’hôtel que je fonctionnais toujours sur l’heure d’Almaty alors que la Chine au complet fonctionne sur l’heure de Beijing soit deux heures de plus. Alors moi qui croyait me coucher tôt et me réveiller aux petites heures du matin, je me couchais tard et me réveillais plutôt tard.

Je suis parti ce matin de l’hôtel après un copieux petit déjeuner composé d’eau de riz, de riz, de pain, de fèves germées et de concombres vinaigrés. Pas terrible, mais fort efficace pour quelqu’un qui a des problèmes d’intestins.

A 9h, heure de Chine, comme je suis bien reposé et que le vélo va particulièrement bien j’ai pédalé, pédalé, pédalé. De plus, après une vingtaine de kilomètre de Hami, il y a un petit village où je me suis arrêté pour prendre le déjeuner, qui m’a d’ailleurs été offert par un résident de la place.

**Aux prochaines nouvelles, la cadette, Pascale! **